jeudi 30 septembre 2010

Les corps captifs





Fiévreuse et étourdie,
La belle alanguie
Expose sa chairs
Sur le sol mal vernis.
Elle épouse, adultère
Les modestes boiseries
Puis soufflant sa colère
Elle se cambre et frémis

Glissant sur son corps
Et ses courbes souillées,
Le sol sur ses pores
A creusé ses sentiers.
Il s'empare carnivore
De sa belle agitée
Et les ombres incolores
Qu'il lui a imprimé,
Sillonnent et dévorent
Son enveloppe écorchée.

Sur les lattes saillantes
Ses membres ont rougis.
Peu importe qu'on l'entende
Peu importe qu'on la vit.
Elle se livre gémissante
De plaisir, de furie,
Redevenant l'amante
Qu'elle put être avec lui ,
Oubliant qu'il lui manque
Mais sachant qu'il l'oublie.

Adeline Artuso
Dessin de Conrad Roset

lundi 2 novembre 2009

Les nuits habitées

Photo : Joshua Hoffine


Des ombres cranent à ta fenêtre,
Ils se balancent et se reflètent.
La nuit s'impose sur tes lèvres,
Livrant sa dose de ténèbres.

C'est dans un creux que tu t'enveloppes,
Petite enfant au cœur ridé.
C'est dans tes larmes que tu emportes
Tes yeux crasseux, tes rêves souillés.


mardi 13 octobre 2009

Les souvenirs nébuleux

Ce jour là, il flottait en elle comme un air de souvenirs.
La tête embrouillée par les cauchemars d’autrui, 
Elle suffoquait d’images fulminantes, 
De brumes oppressantes et de tourbillons infernales.


Salivant d'effroi sous les cendres éparses, 
Son cœur se teintait d'une terre brûlée 
Et ses yeux enfumés par une fièvre foudroyante, 
Parlaient d’âpres douleurs et de corps suintants.

Mémoire haletante dans laquelle elle sombrait,

A devenir une autre, à s’oublier elle-même.

vendredi 9 octobre 2009

Souffle d'automne

Accrochés à la brise,
Ses cheveux, relâchés,
S'offrent et s'unissent
A l'aigreur du matin.

Ils s'égarent sans emprises
A chaque souffle glacés,
Trahissant l'arc divin,
De son cou satiné.

vendredi 14 août 2009

L'ombre chagrine


Illustration sur www.douart.ru

Fille de nul part
Aux pertes salines,
Ton cœur est "brouillard",
Et tes yeux d'opaline
S'écoulent comme un fard
Sous ta sombre rétine.

mardi 28 juillet 2009

La soupirante

Mes souffles sont tiédis, mes soupirs écarlates
A l'encontre de toi, à mes songes muets.
De murmures transperçants, en cris de feutrine,
Je me glisse pantelante à ton être défait,
Mes désirs assoiffés sous ton corps censuré.

Alliée asservie à tes lèvres mouvantes,
J'inspire mes faiblesses et mon corps se perd,
Sous tes regards vibrants, sous ton âme fuyante.
Les caresses de ta voix, le dédale ou je fuis.

J'ai perdu le fil, mon Ariane incertaine.
j'ai coupé les liens, mes affres brulants.
Mes raisons dérisoires, mes frontières ouvertes
Se tordent perméables à tes ambres lancinants.

mercredi 15 juillet 2009

Mon corps


Illustration de Namiko Kitaura.

Tu es la plaie que je dévore,
Un être vide creusé de pores.
Tu es mon corps, une peau aride,
Une masse avide au sombre sort.

Les mains plissées, le cœur tendu,
Tu craches tes cernes fardées de torts.
Le ventre creusé, les lèvres pendues,
Tu t'évertues à tes remords.

Tu es mon vice qui s'ignore,
Un Être lisse aux ventre creux.
Tu es ma chaire mon coffre fort,
Un sanctuaire souillé d'aveux.

Les yeux fiévreux, les joues creusées,
Tu sers tes veines sombres et bleuies .
Le front poreux, la mine plombée,
Tu soignes ta peine comme ton ennui.

Tu n'es qu'un pli, une veille entorse,
Une ombre gisante aux membres défaits.
Tu n'es que moi sous une écorce,
Une autre enveloppe sans cachet.


Share/Save/Bookmark